Le temps de métamorphoses d'Adam Poppy

Histoire de famille, histoire de sœurs, Histoires de secrets …

 Editions Belfond, ISBN 9782714444615, 21€

 

Depuis cinquante ans, Virginia vit recluse à Bulburrow Court, avec pour seule compagnie les ancestrales collections de papillons qui tapissent les murs de la maison. Rien ne pouvait la préparer au retour de sa sœur Vivien, après toutes ces années... Perturbée par cette présence étrangère, Virginia voit ressurgir des bribes d'un passé qu'elle croyait oublié : son admiration de petite fille introvertie pour une cadette pleine de vie et d'imagination ; l'accident du beffroi qui allait marquer leurs existences à jamais ; la chute mortelle de leur mère dans les escaliers... Mais pourquoi les souvenirs de Vivien sont-ils si différents des siens ? Qu'est-ce qui a pu séparer les deux sœurs pendant si longtemps ? Et quelles terribles vérités leur réservent ces retrouvailles ?

 

Ce livre est là dans ma PAL depuis assez longtemps et j’avoue que d’avoir trouvé le grand format des éditions Belfond à la bibliothèque m’a donné le petit coup de pouce pour me plonger dans cette histoire aux milles secrets !

Ce livre a beaucoup d’atouts selon moi : le cadre, l’histoire et les personnages.

 

Tout d’abord, c’est dans un vieux manoir en décrépitude que se trouve Virginia, vieille femme au moment du l’histoire. Tout est mystérieux, noir, impressionnant, inquiétant, et même je dirai un brin gothique (j’adore !). Nous avons également un grenier, ancien lieu de travail de Virginia et de son père, tous les deux lépidoptéristes, rempli de fioles, de cages d’élevage et de papillons épinglés dans leur boîte.

Nous avons là des environnements propices aux histoires de famille anciennes et compliquées : ce sera Virginia tout au long du livre qui sera notre interlocutrice. Chose étonnante, je m’en suis rendue compte seulement à la page 70 quand elle dit "A propos, vous ai-je dit que je suis lépidoptériste renommée ?"  Et ensuite, j’ai toujours eu l’impression qu’elle parlait à haute voix …

 

L’histoire est comme je les aime : on découvre les personnages de la famille petit à petit et en remontant les faits et les évènements, on découvre petit à petit les caractères de chacun, leurs relations entre eux, et bien sûr tous les secrets et révélations que Virginia nous fait. On navigue régulièrement dans le roman entre l’époque et le jour présent ; notre histoire, c’est un voyage dans les souvenirs de Virginia. Et j’aime l’histoire de gens, l’histoire de leur famille et savoir d’où ils sont partis …

 

Virginia est le personnage principal, il me semble, même si elle parle énormément de sa sœur. Les deux sœurs ne se ressemblent pas : Virginia, l’aîné est plutôt calme, introvertie, effacée (en tout cas paraît !...), elle ne va pas facilement vers les autres, et se laisse conduire par les évènements de la vie. Sa sœur Vivien, la cadette décide de tout, a un caractère affirmé, volontaire et assez tournée vers les autres, mais a tendance à trouver des problèmes partout et surtout très important, elle quitte la maison très tôt pour n’y revenir plus de 40 ans plus tard. On comprend tout de suite que les relations vont être tendues mais intéressantes. Et on se prend au jeu : on veut savoir ce qu’il s’est passé !

 

Un dernier mot sur le métier de Virginia et de son père : lépidoptériste. Un lépidoptériste est un spécialiste des lépidoptères qui sont un ordre d'insectes dont la forme adulte est communément appelée papillon et dont la larve est une chenille. Le terme « lépidoptériste » inclut aussi les amateurs qui capturent, collectent, étudient ou simplement observent les lépidoptères. J’avoue avoir appris beaucoup de choses sur ce métier et sa façon de le pratiquer à l’époque. J’ai trouvé ce petit bonus fascinant et tout à fait à sa place dans ce roman.

 

Un petit coup de cœur pour ce très bon livre psychologique sur les relations entre sœurs et sur les secrets de famille. Quelques phrases ci-dessous extraites (Editions Belfond)

  • "(Les) murs (de la maison) transpiraient les désirs et les peurs de ceux qu'ils avaient abrités" p18
  • "quand on vieillit ; plus nous survivons à d'autres, plus notre vie prend l'aspect d'un catalogue de défunts" p 34
  • "Est-il vraiment nécessaire d'archiver notre vie pour la juger riche et belle ?"p 47
  • "A mon avis, laisser hier empiéter sur ici-et-maintenant, c'est ouvrir la porte toute grande à la vieillesse" p 80
  • "J'aime l'hiver. J'aime ses contradictions : froid et douillet, dépouillé mais beau, privé de vie mais pas d'âme" p163

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