Part. Babelio : Les douze heures de la nuit de Lester L. Gore

Vous aimez Lovecraft, vous aimerez Gore !

 Editions Langlois Cécile, ISBN, 9782954045177, 18 €

 

Douze nouvelles représentant « Les Douze Heures de la Nuit » (en hommage à un poète n'ayant jamais existé, (William Ashbless, créé par Tim Powers), comme un voyage dans la partie nocturne de la réalité.  Douze histoires qui n'ont d'autre prétention que de distraire en incitant le lecteur à explorer les failles qui subsistent entre l'ombre et la lumière, entre la rationalité et le cauchemar, entre jour et nuit. Du Congo colonial à l'Allemagne humiliée, de la France occupée à nos banlieues contemporaines, en passant par d'étranges métamorphoses, voici une invitation à faire douze petits pas dans la zone crépusculaire qui sépare le rêve du cauchemar?

 

J’ai reçu ce livre grâce à une opération Masse Critique de Babelio et je les remercie beaucoup ainsi que les Editions Langlois Cécile pour l’envoi de ce livre. Autant vous le dire tout de suite, je suis déçue que ce livre n’ait pas plus d’écho que cela sur la toile, donc, je vais essayer de faire en sorte de vous donner envie de le lire, ou de l’offrir…

 

Tout d’abord, le format ! Vous avez ici douze nouvelles de longueurs différentes et sur des sujets également différents ; on voyage sur les continents et dans le temps. Les nouvelles n’ont aucun lien entre elles. Seul le style les unis : le style « Lovecraft » (voir photo ci-contre source Wikipédia de Lovecraft en 1915) mais j’y reviendrai un peu plus tard

Je vous rappelle que la nouvelle est un récit court qui est écrit en prose. Ce n’est pas sa longueur qui est importante mais plutôt ce qui est appelé l'efficacité de son écriture. Les personnages d'une nouvelle sont peu nombreux et brièvement décrits mais sont cependant essentiels. L’action est assez simple mais construite de façon à ménager un effet de surprise au dénouement : c'est ce que l'on appelle la chute.

 

Les nouvelles de Lester L. Gore sont très bien tournées, et il est évident que cet auteur maitrise l’exercice. Son style est clair, percutant, incisif, et saisissant. L’histoire vous happe de suite et vous met dans une sorte de malaise car vous comprenez rapidement les tenants et les aboutissants. Et pourtant, on a envie de savoir ce qu’il va se passer, on pense avoir compris et on se fait avoir à chaque fois.

 

L’atmosphère de certaines nouvelles est lourde et conforme au style « Lovecraft » qui est un savant mélange de récits d'horreur, de fantastique et de science-fiction. Le résultat est que certaines scènes sont dures, crues et sanguinolentes … On navigue entre cauchemar, mythologie et monstres improbables. Le côté psychologique a aussi une grande part et met nos nerfs à rude épreuve.

 

Je trouve que globalement, le niveau des nouvelles est très bon mais j’avoue avoir eu un faible pour certaines nouvelles :

 

·    le Berserker et Der Nachrichter ; ces deux nouvelles sur la première et deuxième guerres mondiales sont celles qui m’ont le plus marquées,

 ·    Le dernier des Mokeles est celle qui m’a le plus fait rire (Si, si …), et

 ·    Léo est l’histoire que j’ai trouvée la plus juste autant dans le ton que dans la chute.

 

Conclusion : j’ai fait une belle découverte et ce livre mérite plus de lecteurs surtout pour ceux qui aiment Lovecraft. Pour information, ce livre a obtenu 5/5 sur Babelio par les 6 lecteurs qui l’ont noté. Ce livre mérite notre attention !

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Commentaires : 2
  • #1

    Tipram Poivre (mercredi, 01 juin 2016 22:00)

    Moi aussi, j'ai énormément apprécié les 12 nouvelles de Lester Gore.
    La note de 5/5 décernée par les lecteurs de Babelio est tout à fait méritée.

  • #2

    ANOUK (jeudi, 02 juin 2016 08:26)

    Depuis le temps, ce recueil de nouvelles a pris de la bouteille, de l'arôme, du bouquet... Je recommande sa lecture sous forme de dégustation.
    L'auteur se cache, modeste plumitif de talent. Mais au fil des lignes, nous le découvrons malgré lui. Bravo Lester Gore !